Le style atteint sa pleine mesure grâce à l’emploi de l’arc brisé, plus résistant que l’arc en plein cintre.
Son usage se généralise, ce qui permet d’accroître considérablement la hauteur des murs et d’alléger l’allure de l’ensemble.
Les verticales jaillissent du sol et montent vers le ciel, toujours plus haut, plus près de Dieu. Malgré ce goût pour la démesure, la recherche de l’harmonie est constante : la succession régulière des piliers et des arcs produit une impression d’équilibre et de régularité.
Les voûtes deviennent rectangulaires ou barlongues, le plus souvent à quatre quartiers. Ceci permet de répartir le poids de manière homogène sur des piliers cantonnés (piliers à fût central cerné de quatre colonnettes engagées).
Les murs s’évident considérablement pour laisser place à de grandes fenêtres. Les ouvertures l’emportent sur les pleins et la lumière inonde ces vastes édifices ornés de sculptures, de miniatures et de rosaces.
Les tribunes, dont l’inconvénient principal était de diminuer la lumière, sont remplacées par des arc-boutants. L’élévation à trois niveaux tend à se généraliser.
Les chapiteaux sont ornés de bouquets de feuillage sculptés.
Il est difficile aujourd’hui d’imaginer les conditions dans lesquelles travaillaient les hommes qui lançaient à près de cent cinquante mètres de hauteur les flèches de leur cathédrale. Ils n’avaient aucun moyen de calcul préalable et se basaient sur des méthodes empiriques dictées par l’expérience acquise sur des édifices bien moins ambitieux. Ils se montrèrent parfois trop audacieux. Aussi les accidents n’étaient-ils pas rares sur les chantiers des cathédrales : ainsi, en 1267 la tour de la cathédrale de Sens s’écroule ainsi qu’en 1272 la flèche de Sainte-Bénigne de Dijon, qu’en 1284 la voûte du chœur de la cathédrale de Beauvais .
Principaux édifices : les cathédrales d’Amiens (1220-1270), Bourges (1172-1235), Beauvais (1225-1270), Reims (1211-1287), et la Sainte-Chapelle (1245-1248).
